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Sunday, 12 August 2012

Voice Omniscient. Orson Welles. The Magnificent Ambersons





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Voice Omniscient
Orson Welles
The Magnificent Ambersons

Orson Welles. The Magnificent Ambersons



Gilles Deleuze

Cinema 2: The Time Image
Cinéma 2: L'image-temps

Chapter IX. The Components of the Image
Chapitre IX. Les Composantes de l'image


2e
Music and the Presentation of Time
Musique et présentation du temps


[...] the voice off in its absolute dimension as omnipotent and omniscient voice (Welle’s modulation of the voice in The Magnificent Ambersons) c2 231a]

[…] la voix off dans sa dimension absolue, comme voix toute-puissante et qui sait tout (modulation de la voix de Welles dans « La splendeur des Amberson »). 312d]




Deleuze, Gilles. Cinema 2: The Time Image. Transl. Hugh Tomlinson and Robert Galeta. London & New York: 1989.

Deleuze, Gilles. Cinéma 2: L'image-temps. Paris:Les éditions de minuit, 1985.



Death of Time. Orson Welles. The Magnificent Ambersons




presentation by Corry Shores
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Death of Time
Orson Welles
The Magnificent Ambersons


Orson Welles. The Magnificent Ambersons

Gilles Deleuze

Cinema 2: The Time Image
Cinéma 2: L'image-temps

Ch.5 Peaks of Present and Sheets of Past: Fourth Commentary on Bergson
Pointes de présent et nappes de passé


2c
Metaphysics of Memory: Useless Summonable Recollections (Recollection-Images), unsummonable recollections (hallucinations)
Métaphysique de la mémoire : les souvenirs évocables inutiles (images-souvenir), les souvenirs inévocables (hallucinations)


In The Magnificent Ambersons, it is no longer a suspicion induced by the singularity 'Rosebud' but a certainty which crashes headlong into the whole. The sheets of past can still be evoked and summoned: Isabelle's marriage of pride, George's childhood, his youth, the Amberson family. . . But the images that are drawn from these are now quite useless because they can no longer be inserted into a present which would extend them into action: the town has been so transformed, the new motivity of cars has replaced that of carriages, the present has changed so profoundly that the recollections can no longer be used. This is why the film does not begin with a death, but with a commentary which precedes any image, and which finds its conclusion at the moment when the fall of the family has taken place: 'It is done, but those who wanted to be present were dead, and those who were alive had forgotten the man and what they wanted.' The recollections have lost all extension, now being useless even to give pleasure to the prophets and vengeance-seekers. The infiltration of death is so complete that there is no longer a need for a death at the beginning. All the evocations coincide with deaths, and every death coincides with the sublime death of the major, in the course of the film: 'He knew that he had to prepare himself for entering an unknown region where he wasn't even sure of being recognized as an Amberson.' [Deleuze Cinema 2, 1989: 108bc.d]

Dans « La splendeur des Amberson », ce n’est plus un soupçon induit par la singularité « Rosebud », c’est une | certitude qui frappe de plein fouet l’ensemble. Les nappes de passé sont encore évocables et évoquées : le mariage d’orgueil d’Isabelle, l’enfance de George, sa jeunesse, la famille des Amberson… Mais les images qu’on en tire ne servent plus à rien, parce qu’elles ne peuvent plus s’insérer dans un présent qui les prolongerait en action : la ville s’est tellement transformée, la nouvelle motricité des automobiles a remplacé celle des calèches, le présent a si profondément changé que les souvenirs ne sont plus utilisables. C’est pourquoi le film ne commence pas par une mort, mais par un commentaire qui précède toute image, et qui trouve sa conclusion lorsque la chute de la famille s’est produite : « c’est fait, mais ceux qui voulaient y assister étaient morts, et ceux qui étaient vivants avaient oublié l’homme et ce qu’ils avaient souhaité ». Les souvenirs ont perdu tout prolongement, et ne servent même plus à réjouir les prophètes, les malveillants ou les vengeurs. La mort s’est si bien infiltrée qu’il n’y a plus besoin d’une mort au début. Toutes les évocations coïncident avec des morts, et toutes les morts coïncident avec la mort sublime du major, dans le courant du film : « il savait qu’il devait se préparer à pénétrer dans une région inconnue où il n’était même pas sûr d’être reconnu comme un Amberson ». [Deleuze Cinéma 2, 1985: 146-147]


Seminar 12/06/1984
[66-12/06/1984 - 1]

Et quand j’essayais d’établir une progression, dans les films de Welles, je disaist non, seulement, sur "la splendeur des Amberson" l’inutilité va être accusée encore plus, puisque - comme dit le vieux major, et comme dit la voix off : tout ça n’intéresse plus personne. Car ici, l’intérêt c’est tout à fait autre chose. Tantôt, l’image-souvenir est inutile, tantôt mieux, elle est inévoquable.

Vous me direz : qu’est ce qu’elles donnent, puisqu’elles ne donnent même pas d’images-souvenir ? A partir de - encore dans les "Amberson" ou dans "Citizen Kane", elles en donnent, même si c’est inutile - à partir de "la dame de Shangai", elles n’en donnent plus. Qu’est ce qu’elles donnent ? Elles ne - les nappes de passés virtuels, quand je m’installe en elles par ce saut dans le temps, qui n’est pas moins grand ni plus grand, que le saut que j’opère dans l’espace pour percevoir quelque chose hors de moi. [
Deleuze. Seminar 12/06/1984 [66-12/06/1984 - 1]





Deleuze, Gilles. Cinema 2: The Time Image. Transl. Hugh Tomlinson and Robert Galeta. London & New York: 1989.

Deleuze, Gilles. Cinéma 2: L'image-temps. Paris: Les éditions de minuit, 1985.

Deleuze, Gilles.
Seminar 12/06/1984 [66-12/06/1984 - 1]. La voix de Gilles Deleuze / Université Paris 8. http://www.univ-paris8.fr/deleuze/article.php3?id_article=361

Saturday, 11 August 2012

Magnificence Dying. Orson Welles. The Magnificent Ambersons


presentation by
Corry Shores
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Magnificence Dying
Orson Welles
The Magnificent Ambersons


Orson Welles. The Magnificent Ambersons

Gilles Deleuze

Cinema 2: The Time Image
Cinéma 2: L'image-temps

Ch.5 Peaks of Present and Sheets of Past: Fourth Commentary on Bergson
Pointes de présent et nappes de passé

2e
Memory, time and earth
La mémoire, le temps et la terre



In Welles, the usual way of dying is flat on your stomach, the body already in the earth, dragging yourself, crawling. All the coexistent strata are in touch and adjacent to each other in a muddy vital medium. The earth as primordial time of the autochthonous. And this is what the cohort of Welles great characters see: the hero of Touch of Evil who dies in the wet, blackish earth; the one in The Trial who dies in the hole in the ground, and, earlier, Major Amberson in great pain, speaking with difficulty: '-and us, we came out of the earth . . . So in any case we ought to be in the earth. . .' [Deleuze Cinema 2, 1989: 111d]

Chez Welles, en général on meurt à plat ventre, le corps déjà dans la terre, et en se traînant, en rampant. Toutes les strates coexistantes communiquent et se juxtaposent dans un milieu vital boueux. La terre comme temps primordial des autochtones. Et c'est ce que voient la cohorte des grands personnages de Welles : le héros de «Touch of evil » qui meurt dans la terre humide et noirâtre, Celui du « Procès » qui meurt dans le trou de la terre, mais déjà le major Amberson agonisant qui parlait avec peine, « et nous, nous sommes sortis de la terre… alors de toute façon nous avons dû être dans la terre… ». [Deleuze Cinéma 2, 1985: 151b]





Deleuze, Gilles. Cinema 2: The Time Image. Transl. Hugh Tomlinson and Robert Galeta. London & New York: 1989.
Deleuze, Gilles. Cinéma 2: L'image-temps. Paris: Les éditions de minuit, 1985.

Friday, 10 August 2012

Kitchen Recollection. Orson Welles. The Magnificent Ambersons

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Kitchen Recollection
Orson Welles
The Magnificent Ambersons


Orson Welles. magnificent ambersons. deleuze cinema

Gilles Deleuze

Cinema 2: The Time Imadge
Cinéma 2: L'image-temps

Ch.5 Peaks of Present and Sheets of Past: Fourth Commentary on Bergson
Pointes de présent et nappes de passé

2e
Memory, time and earth
La mémoire, le temps et la terre

Ch.5 Peaks of Present and Sheets of Past: Fourth Commentary on Bergson
Pointes de présent et nappes de passé

2e
Memory, time and earth
La mémoire, le temps et la terre

What must be noted is that depth of field sometimes shows us evocation in the act of occurring and sometimes virtual sheets of past that we explore in order to find the recollection sought. The first case, contraction , often appears in Citizen Kane: a high-angle shot, for instance, bears down on an alcoholic Susan lost in the big room at the club in such a way as to force her to evoke. In another case, in The Magnificent Ambersons, a whole scene maintained in depth is justified because the young boy wants, without appearing to want, to force his aunt to remember a recollection that is crucial for him. [ft.18: “Bazin has often analysed this kitchen scene, but without making it dependent on the function of remembering which takes place (or tries to take place) in it. [...].”] And similarly, in The Trial, the low angle shot at the beginning marks the starting-point of the hero’s efforts as he searches at all costs for what the law is charging him with. The second case can be seen in most of the scenes in transverse depth in Citizen Kane, where each corresponds to a sheet of past of which it is asked: is it here that the virtual secret, Rosebud, is lying? And in Mr. Arkadin, where the successive characters are sheets of past, stages towards other sheets, all coexisting in relation to the contracted initial effort. [Deleuze Cinema 2, 1989: 106b.d; 289d(ft.18)]

Le fait à constater, c’est que la profondeur de champ nous montre tantôt l’évocation en acte, tantôt les nappes virtuelles de passé qu’on explore pour y trouver le souvenir cherché. Le premier cas, la contraction, apparaît souvent dans « Citizen Kane » : par exemple une plongée se dirige sur Susan alcoolique et perdue dans la grande pièce du cabaret, pour la forcer à évoquer. Ou bien, dans « La splendeur des Ambersons », toute une scène fixe en profondeur se justifie parce que le jeune garçon veut, sans en avoir l’air, forcer sa tante à se rappeler un souvenir essentiel pour lui. [ft.17 : "Basin a souvent analysé cette scène de la cuisine, mais sans la faire dépendre de la fonction de mémoration que s’y exerce (ou tente de s’y exercer)."] Et aussi dans « Le procès », la contre-plongée du début marque le point de départ des efforts du héros, cherchant à tout prix ce que la justice peut lui reprocher. Le second cas apparaît dans la plupart des scènes en profondeur transversale dans « Citizen Kane », où chacune correspond à une nappe de passé dont on se demande : est-ce là qui gît le secret virtuel, Rosebud ? Et dans « M. Arkadin », où les personnages successifs sont des nappes de passé, relais vers d’autres nappes, toutes coexistantes par rapport à l’effort initial contracté. [Deleuze Cinéma 2, 1985: 144a.c]


Seminar 24/04/1984
[61- 24/04/1984 - 2]

Bien plus, dans une scène en profondeur de champ célèbre de "La splendeur des Amberson", c’est la fameuse scène que Bazin commentait beaucoup. Mais ce qui m’étonne, c’est que il dit et il n’en tire pas partie. C’est la scène de la cuisine où il y a - pour ceux qui se rappellent un peu - le garçon, le petit Amberson qui mange avec sa pauvre vieille tante, et il s’agit de quoi ? C’est une scène assez compliquée, mais en profondeur de champ. Mme [ ] le dit, le jeune garçon tout en mangeant n’a qu’un désir : induire sa tante à réveiller en elle un souvenir. Il s’agit pour lui d’obtenir de la tante de savoir si sa mère à lui, le garçon était accompagnée ou non par quelqu’un, dans un voyage précédent. Donc c’est en liaison avec - je reprends les termes de Claude l- non pas avec un souvenir, mais avec une invitation au souvenir - typiquement une scène d’invitation au souvenir, en rapport avec une invitation au souvenir que cette scène en profondeur de champ, s’établit.








Deleuze, Gilles. Cinema 2: The Time Image. Transl. Hugh Tomlinson and Robert Galeta. London & New York: 1989.
Deleuze, Gilles. Cinéma 2: L'image-temps. Paris: Les éditions de minuit, 1985.

Deleuze, Gilles. Seminar 24/04/1984 [61- 24/04/1984 - 2]. La voix de Gilles Deleuze / Université Paris 8. http://www2.univ-paris8.fr/deleuze/article.php3?id_article=347