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Thursday, 31 December 2009

Reels on the Road. Wim Wenders. Im Lauf der Zeit / Kings of the Road / Au fil du temps

Reels on the Road

Wim Wenders

Im Lauf der Zeit
Kings of the Road
Au fil du temps


Gilles Deleuze

Cinema I
Cinéma 1

Ch1:
Theses on Movement: First Commentary on Bergson
Thèses sur le mouvement (Premier commentaire de Bergson)

2b:
Second Thesis: Privileged Instants and Any-instant-whatevers
Seconde thèse : instants privilégiés et instants quelconques


One might conceive of a series of means of translation (train, car aeroplane ...) and, in parallel, a series of means of expression (diagram, photo, cinema). The camera would then appear as an exchanger or, rather, as a generalised equivalent of the movements of translation. And this is how it appears in Wenders's films. [Deleuze, Cinema 1, 1986:5a]

On pourrait concevoir une série de moyens de translation (train, auto, avion ... ), et parallèllement une série de moyens d’expression (graphique, photo, cinéma) | la caméra apparaîtrait alors comme un échangeur, ou plutôt un équivalent généralisé des mouvements de translation. Et c'est ainsi qu'elle apparaît dans les films de Wenders. [Deleuze Cinéma 1, 1985:13-14]


Ch 2:
Frame and Shot, Framing and Cutting
Cadre et plan, cadrage et découpage

2c:
The movement image
L'image-mouvement

What counts is that the mobile camera is like a
general equivalent of all the means of locomotion that it shows or that it makes use of - aeroplane, car, boat, bicycle, foot, metro. . . . Wenders was to make this equivalence the soul of two of his films, Kings of the Road and Alice in the Cities, thus introducing into the cinema a particularly concrete reflection on the cinema. [Deleuze, Cinema 1, 1986:24a]

Ce qui compte, c'est que la caméra mobile est comme un équivalent général de tous les moyens de locomotion qu'elle montre ou dont elle se sert (avion, auto, bateau, bicyclette, marche, métro...). De cette équivalence, Wenders fera l'âme de deux de ses films, « Au fil du temps » et «Alice dans les villes », introduisant ainsi dans le cinéma une réflexion sur le cinéma particulièrement concrète. [Deleuze Cinéma 1, 1985:37c]
 


Deleuze cours

3- 24/11/81 - 1

Ce qu’elle nous donne c’est la continuité et l’hétérogénéité d’un seul et même mouvement. Un seul mouvement a conquis continuité et hétérogénéité, à quelles conditions ? Bizarrement, à condition de, comme diraient ou comme devraient dire les phénoménologues, à condition de rompre avec tout ancrage. De se désancrer, d’une certaine manière l’image cinématographique comme mouvement cinématographique est déterritorialisée. Par-là, le mouvement acquiert continuité et hétérogénéité - il me semble si je reviens à un exemple dont on a très vite parlé la dernière fois - c’est bien c’est ça que d’une certaine manière nous montre Wenders, Wenders nous montre si vous voulez, des ancrages différents séparés par quoi ? un moyen de transport qualifié. Par exemple l’autocar succède à l’avion, l’auto à l’autocar, la marche dans la ville à l’auto, etc.... Vous avez une série de "stages" - je dirai ça : c’est le contenu de l’image chez Wenders - Tous les moyens de transport mis au service du mouvement, et ça : c’est le jeu de la perception naturelle. Et ce que Wenders fait, si vous voulez, c’est ça le contenu de l’image mais au niveau de l’image ce n’est plus ça, au niveau de l’image au contraire : vous avez le correlat cinématographique : à savoir un mouvement posé comme "un" qui a conquis pour soi, continuité et hétérogénéité et qui vaut - et c’est bien ça l’idée de Wenders - et qui comme tel, comme mouvement cinématographique vaut, et pour l’avion, et pour l’auto et pour la marche et pour etc. précisément par ce qu’il est, et parce qu’il a conquis l’hétérogénéité. [Deleuze cours 3- 24/11/81 – 1]

Deleuze cours
6- 12/01/82 – 1

Là vous avez des segments d’actions - des segments d’actions avec déjà quelque chose qui sera portée à un paroxysme par Wenders bien plus tard c’est à dire de nos jours - avec l’idée fondamentale qui n’est pas une idée théorique, qui est vraiment une pratique de cinéma à savoir que la caméra assure la conversion et prend sur soi la conversion des mouvements hétérogènes : elle homogénéise pas du tout les mouvements, elle prend sur soi et c’est l’appareil qui convertit les mouvements. Train, dans la séquence de Lang, train, auto, téléphone. Si vous pensez aux grandes séquences de Wenders avec mouvement de conversion à la lettre,"des changements" qui impliquent précisément des intervalles aussi. Tout à l’heure j’invoquais un intervalle perceptif, la jambe qui manque de l’unijambiste, là maintenant j’invoque des intervalles entre actions, entre segments d’actions dans une action composée. [Deleuze cours 6- 12/01/82 – 1 ]

 

Deleuze cours
10- 23/02/82 – 2

Wenders est kafkaïen - le texte est issu d’une belle rencontre, mais son cinéma n’est pas une atmosphère Kafka, non, c’est tout à fait autre chose. Tout le cinéma de Wenders est basé sur la coexistence et les interférences entre deux lignes. D’une part, la ligne des moyens de locomotion et leur conversion ... C’est présent dans tous ses films sans exception. En corrélation - et tout le problème c’est comment l’un reagit sur l’autre - la ligne des petites machines à fantômes et les voyages dans l’espace et le temps, vont emprunter tous les moyens de locomotion et c’est par là qu’il une idée de cinéma tout à fait formidable. Tout comme Bergman disait « mon problème à moi ce sont les gros plans de visage, lui son problème ça me paraît être ça, l’histoire de ces deux lignées et leurs rapports.

Dans "Au fil du temps", c’est évident, le voyage auto, camion ... des deux types, l’étrange visite aux machines à imprimer, au cinéma ambulant, etc...se confrontent avec l’autre ligne, les fantômes, il faut traverser ces fantômes en même temps qu’on traverse l’espace et le temps. Il l’a fait une fois mais pas deux de cette manière de traiter ce sujet mais cependant, comme d’une certaine façon obsessionnelle, il le garde toujours, [Deleuze cours 10- 23/02/82 – 2]

 

 
 






Deleuze, Gilles. Cinema 1: The Movement-Image.Transl. Hugh Tomlinson & Barbara Habberjam, London: Continuum, 1986

Deleuze, Gilles. Cinéma 1: L'image-mouvement. Paris: Les éditions de minuit, 1983.


Deleuze cours 3- 24/11/81 – 1


Deleuze cours 10- 23/02/82 – 2

 

Friday, 11 December 2009

Roads of Space. Wim Wenders. Im Lauf der Zeit / Kings of the Road / Au fil du temps

presentation by Corry Shores
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[The following is quotation. Image credits below. May I please thank the source.]


Roads of Space

Wim Wenders

Im Lauf der Zeit
Kings of the Road
Au fil du temps



Gilles Deleuze & Félix Guattari

Thousand Plateaus

Mille Plateaux

Ch.14. 1440: The Smooth and the Striated
1440: Le lisse et le strié


They are nomads by dint of not moving, not migrating, of holding a smooth space that they refuse to leave, that they leave only in order to conquer and die. Voyage in place; that is the name of all intensities, even if they also develop in extension. To think is to voyage; earlier we tried to establish a theo-noological model of smooth and striated spaces. In short, what distinguishes the two kinds of voyages is neither a measurable quantity of movement, nor something that would be only in the mind, but the mode of spatialization, the manner of being in space, of being for space. Voyage smoothly or in striation, and think the same way . . . But there are always passages from one to the other, transormations of one within the other, reversals. In his film, Kings of the Road, Wenders intersects and superposes the paths of two characters; one of them takes a still educational, memorial, cultural, Goethean journey that is thoroughly striated, whereas the other has already conquered smooth space, and only experiments, induces amnesia in the German "desert." But oddly enough, it is the former who opens space for himself and performs a kind of retroactive smoothing, whereas striae reform around the latter, closing his space again. Voyaging smoothly is a becoming, and a difficult, uncertain becoming at that.

Ils sont nomades à force de ne pas bouger, de ne pas migrer, de tenir un espace lisse qu'ils refusent de quitter, et qu'ils ne quittent que pour conquérir et mourir. Voyage sur place, c'est le nom de toutes les intensités, même si elles se développent aussi en extension. Penser, c'est voyager, et nous avons essayé précédemment de dresser un modèle théo-noologique des espaces lisses et striés. Bref, ce qui distingue les voyages, ce n'est ni la qualité objective des lieux, ni la quantité mesurable du mouvement - ni quelque chose qui serait seulement dans l'esprit - mais le mode de spatialisation, la manière d'être dans l'espace, d'être à l'espace. Voyager en lisse ou en strié, penser de même... Mais toujours les passages de l'un à l'autre, les transformations de l'un dans l'autre, les renversements. Dans le film Au fil du temps, Wenders fait s'entrecroiser et se superposer les parcours de deux personnages, dont l'un mène un voyage encore goethéen, culturel, mémoriel, « éducatif », strié de toutes parts, tandis que l'autre a déjà conquis un espace lisse, fait seulement d'expérimentation et d'amnésie, dans le « désert » allemand. Mais, bizarrement, c'est le premier qui s'ouvre l'espace et opère une sorte de lissage rétroactif, tandis que des stries viennent se reformer sur le second, refermer son espace. Voyager en lisse, c'est tout un devinir, et encore un devenir difficile, incertain. [602bc]


[In this clip we see the striated character (with the short hair) who comes to destriate himself, all while the smooth character (in overalls) finds himself confined and immobilized by his own irregular and unregulated life.]





Deleuze, Gilles & Félix Guattari. Capitalisme et Schizophrénie 2: Mille Plateaux. Paris: Les Éditions de Minuit, 1980.

Deleuze, Gilles & Félix Guattari. A Thousand Plateaus: Capitalism and Schizophrenia. Transl. Brian Massumi.London: Continuum, 1987.


Tuesday, 3 November 2009

Phantom Machines. Wim Wenders. Im Lauf der Zeit / Kings of the Road / Au fil du temps


[The following is quotation. Image credits below; may I dearly thank the source.]





Phantom Machines

Wim Wenders

Im Lauf der Zeit
Kings of the Road


Gilles Deleuze

Cinema I
Cinéma 1

Ch1:
Theses on Movement: First Commentary on Bergson
Thèses sur le mouvement (Premier commentaire de Bergson)

2b:
Second Thesis: Privileged Instants and Any-instant-whatevers
Seconde thèse : instants privilégiés et instants quelconques


One might conceive of a series of means of translation (train, car aeroplane ...) and, in parallel, a series of means of expression (diagram, photo, cinema). The camera would then appear as an exchanger or, rather, as a generalised equivalent of the movements of translation. And this is how it appears in Wenders's films. [Deleuze, Cinema 1, 1986:5a]

On pourrait concevoir une série de moyens de translation (train, auto, avion ... ), et parallèllement une série de moyens d,expression (graphique, photo, cinéma) | la caméra apparaîtrait alors comme un échangeur, ou plutôt un équivalent généralisé des mouvements de translation. Et c'est ainsi qu'elle appru;aît dans les films de Wenders. [Deleuze Cinéma 1, 1985:13-14]


Ch 6: The Affection-Image, Face and Close-up
Ch 6: L'image-affection : visage et gros plan

3e: [The Limit of the Face or Nothingness: Bergman] How to Escape It
3e: [La limite du visage ou le néant : Bergman] Comment y échapper


an affective series where one looks for and meets expressive phantoms, or one summons them up with printing, photography and cinema. The voyage of initiation in Kings of the Road goes through the phantom machines of the old printing works and of the traveling cinema. [Deleuze Cinema I,1986:103bc]

une série affective où l’on cherche et rencontre les fantômes expressifs, où on les suscite avec l’imprimerie, la photographie, le cinématographe. Le voyage initiatique d’ « Au fil du temps » passe par les machines à fantômes de la vieille imprimerie et du cinéma ambulant. [Deleuze Cinéma 1, 1985 :143b]

Cinema 2: The Time Image
Cinéma 2: L'image-temps

Ch. 4
The Crystals of Time
Le Cristaux de temps

1d.
The ambiguous question of the film within the film; money and time, industrial art
La question ambiguë du film dans le film : l’argent et le temps, l’art industriel


It was inevitable that the cinema, in the crises of the actionimage, went through melancholic Hegelian reflections on its own death: having no more stories to tell, it would take itself as object and would be able to tell only its own story (Wenders). [Deleuze Cinema 2, 1989:74d]

It était fatal que le cinéma, dans la crise de l’image-action, passe par des réflexions mélancoliques hégéliennes sur sa propre mort : n’ayant plus d’histoire à raconter, il se prendrait lui-même pour objet et ne pourrait plus raconter que sa propre histoire (Wenders). [Deleuze Cinéma 2, 1985: 103b]



Deleuze cours
10- 23/02/82 – 2

Wenders est kafkaïen - le texte est issu d’une belle rencontre, mais son cinéma n’est pas une atmosphère Kafka, non, c’est tout à fait autre chose. Tout le cinéma de Wenders est basé sur la coexistence et les interférences entre deux lignes. D’une part, la ligne des moyens de locomotion et leur conversion ... C’est présent dans tous ses films sans exception. En corrélation - et tout le problème c’est comment l’un reagit sur l’autre - la ligne des petites machines à fantômes et les voyages dans l’espace et le temps, vont emprunter tous les moyens de locomotion et c’est par là qu’il une idée de cinéma tout à fait formidable. Tout comme Bergman disait « mon problème à moi ce sont les gros plans de visage, lui son problème ça me paraît être ça, l’histoire de ces deux lignées et leurs rapports.

Dans "Au fil du temps", c’est évident, le voyage auto, camion ... des deux types, l’étrange visite aux machines à imprimer, au cinéma ambulant, etc...se confrontent avec l’autre ligne, les fantômes, il faut traverser ces fantômes en même temps qu’on traverse l’espace et le temps. Il l’a fait une fois mais pas deux de cette manière de traiter ce sujet mais cependant, comme d’une certaine façon obsessionnelle, il le garde toujours, [Deleuze cours 10- 23/02/82 – 2]







Deleuze, Gilles. Cinema 1: The Movement-Image.Transl. Hugh Tomlinson & Barbara Habberjam, London: Continuum, 1986

Deleuze, Gilles. Cinéma 1: L'image-mouvement. Paris: Les éditions de minuit, 1983.

Deleuze, Gilles. Cinema 2: The Time Image. Transl. Hugh Tomlinson and Robert Galeta. London & New York: 1989.

Deleuze, Gilles. Cinéma 2: L'image-temps. Paris:Les éditions de minuit, 1985.



Deleuze cours 10- 23/02/82 – 2

Image from:
Thank you Jenny Brasebin